UNE CATHÉDRALE DE COMMERCE POUR UN PEUPLE DE CLIENTS

« Une cathédrale de commerce pour un peuple de clients » : Émile Zola définit ainsi, dans Au Bonheur des Dames, la gigantesque entreprise commerciale du Bon Marché.

Fondé en 1838 comme grande boutique de mercerie à gestion familiale, Au Bon Marché peut en 1877 se vanter, avec ses presque 2 000 employés, d’être le premier grand magasin de France. Mais il est aussi l’une des premières entreprises commerçantes à saisir l’importance de la publicité de masse.

Au début du xxe siècle, tandis qu’il s’adonne au développement des services de livraison à domicile et de vente par correspondance franco de port, Au Bon Marché envoie déjà plusieurs millions de catalogues de mode dans le monde entier et consacre une attention tout à fait inédite à la création d’affiches, de calendriers, de réclames, d’agendas et de cartes de vœux.

Devambez est le partenaire naturel de cette entreprise radicalement moderne : c’est à Devambez que, dans la première décennie du xxe siècle, Au Bon Marché s’adresse pour concevoir et imprimer les cartes de vœux dédiées aux jeux d’enfant et aux métiers d’antan, citant Au Bon Marché comme les « magasins de nouveautés les plus importants du monde entier, à visiter comme l’une des plus remarquables curiosités de Paris ».

Pour répondre à la clientèle internationale attirée par sa renommée, par ses architectures et par son offre toujours renouvelée de produits, Au Bon Marché se dote d’interprètes dans toutes les langues et promeut l’inauguration, en 1910, de l’hôtel Lutetia ; c’est encore une fois à Devambez que l’on confie la promotion du « seul palace de la rive gauche », par un petit livre à lettrines à la mise en pages soignée retraçant l’histoire du quartier et le rôle crucial des grands magasins dans la modernisation de son urbanisme et de ses fréquentations.

Cartes de vœux Au Bon Marché, séries « Les jeux d’enfants » et « Les métiers d’antan », Paris, Devambez, [après 1906]

Souvenirs d’antan. Hôtel Lutetia, Paris, Devambez, 1910