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Le « Versailles des Mers », le « Versailles de l’Atlantique » ou le « Château de l’Atlantique » : ce ne sont que quelques-uns des surnoms qui célèbrent le quatrième paquebot mis en service en 1912 par la Compagnie générale transatlantique sur la ligne mythique Le Havre-New York. Si, avec ses cinq jours et demi de traversée, il est troisième dans la course à la vitesse océanique, le SS France n’a sans doute pas de concurrents en termes de luxe et de confort moderne.

Son imposant escalier, copié sur l’hôtel de Mazarin, son somptueux salon Louis XIV, sa décoration Grand Siècle, son salon mauresque, ses 207 cabines première classe, ses appartements de luxe de plus de 20 mètres carrés, ses suites de salons font de ce « superbe paquebot » un véritable hôtel flottant, où la grandeur des espaces communs s’accorde avec l’intimité soignée d’une maison privée dans les cabines.

Le France devient ainsi l’emblème du dynamisme et du confort moderne, où l’élégance classique du décor se marie avec le « summum de tous les progrès tant au point de vue du fonctionnement, de la disposition des emménagements, qu’à celui du confortable et de l’élégance ». En 1912, avec ses 220 mètres, le France est en effet le plus grand paquebot français, le seul à quatre cheminées, mais aussi le premier à pouvoir se vanter d’avoir un ascenseur reliant les ponts.

Devambez devient le partenaire commercial idéal pour véhiculer sur papier ce lien entre avant-garde et tradition : le petit livre promotionnel qu’il imprime à l’époque des premiers voyages du France rassemble, dans une pochette en cuir rouge et doré, un catalogue des « œuvres d’art » du France – tableaux, fresques, stucs et décors –, une copie du Journal de l’Atlantique et un grand plan de la structure du navire, guide indispensable pour tout connaître de cette étonnante « ville flottante » qui fait du choix de son mode de croisière avant tout une affaire de distinction.

SS France, Paris, Devambez, 1912-1913