LA NATURE ME PERCE CHAQUE JOUR DE SES FLÈCHES

« La nature me perce chaque jour de ses flèches. » Ces mots d’Auguste Rodin saisissent bien la racine intérieure qui pousse le maître, au sommet de sa gloire, à se confronter avec le dessin.

L’exposition de 135 dessins commençant le 1er octobre 1909 à la galerie Devambez, après le succès de celle de 1908, témoigne de la discipline quotidienne d’observation de la nature et du corps de la femme que le maître s’imposait dans le « petit château Louis XIII » de l’hôtel Byron.

Devambez se fait interprète de la fascination de cette « discipline formelle » qui a comme centre la nature : l’exposition de Rodin articule d’une manière étonnamment moderne le dessin, la sculpture et la photographie, qui dialoguent dans l’espace.

Le marbre Ève et le serpent est exposé pour la deuxième fois, avec cinq grandes photographies du célèbre Balzac et six illustrations anciennes de L’Enfer dantesque.

Tout autour, ce sont les innombrables facettes du théâtre de la vie qui sont mises en scène : Ulysse et les Cariatides, la Bacchante fatiguée et l’Oracle, mais aussi les danseuses cambodgiennes qui fascinaient Rodin et qui avaient scandalisé les bien-pensants de Paris lorsqu’elles dansèrent au théâtre du Pré Catalan.

Exposition de dessins d’Auguste Rodin, catalogue d’exposition, galerie Devambez, Paris, 1er-16 octobre 1909, Devambez, Paris, 1909