PAUL GUILLAUME, AMBASSADEUR D’UN GOÛT NOUVEAU

« Si Apollinaire vivait encore, il eût inauguré le vernissage, entouré de Braque, Derain, Picasso […]. Mais Apollinaire n’est plus […], ce sera donc Jean Cocteau qui dira la messe nègre. » Le Carnet des Ateliers nous fait revivre l’atmosphère particulière du vernissage qui, le 10 mai 1919, voit Paul Guillaume présenter la « Première Exposition d’art nègre et d’art océanien » dans les salons de la galerie Devambez.

Une vaste kermesse de 147 pièces : masques et idoles africains, fétiches en bois, amulettes et objets rituels, « tout le rêve concrétisé des peuplades du Gabon, du Haut-Niger et du Dahomey ».

Devambez se targue d’avoir, parmi les premiers, hébergé dans sa galerie une exposition de cet « art premier » que Paul Guillaume allait imposer comme nouvelle forme d’art et référence incontournable pour nombre d’artistes modernes, Picasso et Modigliani pour ne citer qu’eux.

Figure légendaire du marché de l’art du XXe siècle, collectionneur raffiné et maître de style, Paul Guillaume trouve en Devambez un interlocuteur naturel pour son projet prophétique de réforme du goût du public et de la hiérarchie des genres de l’art.

Paul Guillaume, Première Exposition d’art nègre et d’art océanien, catalogue d’exposition, galerie Devambez, Paris, 10-31 mai 1919, Devambez, Paris, 1919

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