LES DIAMANTS SONT LES MEILLEURS AMIS DES FEMMES

« A kiss on the hand may be quite Continental / But diamonds are a girl’s best friend. » Lorsqu’elle chante cette chanson en 1953 sur les plateaux d’Hollywood, Marilyn Monroe consacre pour toujours les aventures de Lorelei Lee, blondissime et ambitieuse protagoniste de la saga ironique Gentlemen Prefer Blondes. Ces sketchs brefs, signés par Anita Loos et publiés dans Harper’s Bazaar à partir de 1925, ont un succès surprenant, qui leur vaut une adaptation musicale à Broadway et plusieurs reprises cinématographiques.

Peu de temps après, la Société internationale des intérêts commerciaux (Chemins de fer de l’État) s’adresse à Devambez pour gagner le pari de faire de Paris la ville la plus convoitée par les « blondes ».

And Blondes Prefer Paris est un des pics du talent humoristique et galant de Jacques Deval. Ce célèbre dramaturge y dresse, sur des pages soigneusement illustrées à l’esthétique Art déco, un guide complet des adresses incontournables du Paris mondain.

L’ensemble est vu par les yeux d’Annabel Flowers, jeune Américaine anxieuse de « consommer » tout ce que Paris peut lui offrir.

Le parfum Soir de Paris, les chaussures Perugia, Elizabeth Arden et sa boutique, 2, rue de la Paix, le magasin de mode masculine Madelios et son correspondant féminin Medith, mais aussi les chefs-d’œuvre en chocolat de Madame de Sévigné.

Les malles et nécessaires de voyages Mappin & Webb, indispensables pour se rendre, à bord de la mythique Hispano-Suiza, vers les destinations touristiques à la page : Bagnoles-de-l’Orne, le mont Saint-Michel, Deauville, Dinard et Dieppe, Cannes et le célèbre hôtel Miramar boulevard de la Croisette. Sans oublier, bien entendu, Devambez, l’artiste dont le papier à lettres et les tampons « ne peuvent pas faillir le but désiré ».

Jacques Deval, And Blondes Prefer Paris [our letters, twenty two post cards, two night letters and one cable from his sweet, sweet Annabel Flowers to her darling, darling George Sabran], Devambez, Paris, vers 1930