LE NOUVEAU PARIS : BOULEVARD HAUSSMANN

Le mur murant Paris rend Paris murmurant : lorsqu’en juin 1853 le baron Haussmann remplace M. Berges à la Préfecture de la Seine, Paris est encore limité par la ligne des « boulevards extérieurs ». Les boulevards de la Chapelle, Rochechouart, de Clichy, de Batignolles, de Courcelles sont la « frontière symbolique » de la ville, correspondant au tracé de l’ancien mur d’octroi des fermiers généraux construit en 1785.

C’est Haussmann qui, par son plan de réaménagement urbain et architectonique, reconfigure de manière irréversible le visage de la Ville Lumière.

L’ouvrage publié par Devambez en 1927 retrace les étapes et les difficultés de ce projet grandiose, qui trouve dans le percement du boulevard Haussmann un axe central : le projet de faire des « plis sinueux des vieilles capitales », chantés par Baudelaire, une ville ordonnée, « ouverte à la circulation », imposante par ses perspectives aériennes.

Les travaux, bloqués par la guerre et repris de manière solennelle le 17 février 1923, se concluent le 15 janvier 1927, quand le président de la République salue, par une cérémonie d’un grand éclat et en présence d’une foule énorme, la suite d’immeubles imposants qui ne cessent de faire l’élégance du boulevard.

Une grande série d’images d’époque font, avec les planches d’Henri Montassier et les eaux-fortes aux perspectives hardies de Raoul Serres, l’unicité de cet ouvrage richement documenté et à la mise en pages élégante, qui se veut la continuation de la série dédiée aux merveilles du Paris moderne, lancée, cette même année, avec Les Arcades des Champs-Élysées.

Émile Combe, Le Nouveau Paris : l’achèvement du boulevard Haussmann, peintures de Henri Montassier, eaux-fortes de Raoul Serres Paris, Devambez, 1927