GRAVEUR D’ÉCRITURES

La maison Devambez a pour origine la maison Brasseux Jeune, fondée en 1826 au 17 du passage des Panoramas par Hippolyte Brasseux. Frère d’un graveur sur métaux renommé du Palais-Royal, Brasseux aîné, fournisseur attitré de Louis-Philippe et des princes, Hippolyte Brasseux a lui aussi comme spécialité le cachet et la médaille, la gravure héraldique et la gravure sur pierres dures. En 1835, la maison Brasseux Jeune est transférée au 5 suite aux travaux d’aménagement qui ont lieu passage des Panoramas.

Brasseux a pour successeur, en 1863, Beltz, qui ne reste que sept ans dans les affaires, jusqu’à ce que l’atelier soit repris par Édouard Devambez.
Édouard Devambez est né le 11 mars 1844 à Saumont-la-Poterie. Il apprend son métier au côté des prestigieux graveurs – qui sont ses cousins par alliance – Jules Joseph Foulonneau et Jean Henri Hillekamp, installés au 4, galerie Vivienne à Paris. En épousant Catherine Veret en 1864, Édouard Devambez entre ainsi dans l’illustre dynastie Muret et Veret, deux familles qui marquent la gravure du début du xixe siècle.

En 1873, Édouard Devambez achète l’atelier du 5, passage des Panoramas, et déménage de la rue des Filles-Saint-Thomas.

Édouard Devambez n’est pas un simple artisan, c’est un artiste (il est donné, dans le Bénézit, comme graveur d’ex-libris).

Au prix d’efforts incessants, il donne à l’atelier la solide réputation d’exécution soignée et artistique qui lui vaut ses premières récompenses aux Expositions universelles : mention honorable en 1878, médaille d’argent en 1889 à l’Exposition de Paris dans la catégorie « Impression de gravure artistique et peinture héraldique ».

En 1890, la maison Devambez se déplace ; elle s’installe au 63 du passage des Panoramas. L’atelier où Devambez a travaillé seul à ses débuts devient un magasin achalandé auquel, dès 1894, l’Élysée et l’Hôtel de Ville confient leurs travaux officiels de menus et programmes pour les réceptions de souverains étrangers. Devambez est devenu le graveur de la maison d’Orléans, du prince Roland Bonaparte, du tsar Ferdinand Ier de Bulgarie. Il réalise le traditionnel livre d’or pour de nombreux événements, comme la visite du roi d’Espagne ou du roi d’Angleterre, mais aussi des livres d’or pour l’Institut Pasteur, la Croix-Rouge, etc.

Les Expositions universelles se succèdent avec les récompenses pour la maison Devambez : médaille d’or à Bruxelles en 1897, diplôme d’honneur à Toronto en 1898.

En 1900, la maison remporte à l’Exposition universelle de Paris une médaille d’or dans le groupe « Gravure et impression ».

Voilà la description faite, cette année-là, par monsieur Lahure dans son rapport sur l’Exposition universelle : « Monsieur Devambez, artiste dans l’âme, aimant avec passion son art, celui-ci ne tarda pas à faire de la maison Devambez une des premières maisons de gravure de Paris. Toute cette exposition montrait un goût si artistique et une exécution si soignée que la réputation acquise par monsieur Devambez s’en serait encore accrue, si cela avait été possible.

Depuis ce jour, les efforts constants de la maison Devambez ne cessent d’être couronnés de succès et portent au premier rang, dans les industries de l’impression, de la gravure et de l’édition, le luxueux magasin du 63, singulièrement agrandi, lui aussi, par l’adjonction des deux boutiques voisines dans le passage des Panoramas. »