L’HONNEUR EST UNE QUESTION D’ÉLÉGANCE DE L’ESPRIT

« C’est un faux point d’honneur que de relever les injures d’un provocateur avéré » : pour Georges Breittmayer, le duel est une affaire sérieuse, qui fait l’objet d’un code de l’honneur aux règles précises.

Ce célèbre industriel du gaz fut aussi un bretteur redoutable : son engagement actif dans la promotion de l’activité sportive le voit fondateur du Racing-Club en 1882 et du Comité d’escrime de la Ville de Paris en 1909. Ambassadeur de la haute tradition du duel, Breittmayer en fut un acteur face à Robert de Montesquiou en 1912 et remplaça Pierre Loti dans son duel contre un jeune officier bulgare en 1913.

En 1914, il publie pour Devambez Code de l’honneur et du duel : véritable vademecum des règles de bienséance à respecter pour qu’un duel puisse être digne de ce nom. L’épée, le fleuret, le sabre, la baïonnette, le pistolet, le revolver : chaque arme a ses règles de principe, ses codes vestimentaires, ses démarches qui vont de la demande de réparation au procès verbal à octroyer pour en officialiser les résultats.

L’offenseur doit se tenir à la disposition de l’offensé, gant à crispin dur protégeant son bras, sans chapeau et rien dans les poches. « Le duel, qui met fin à une affaire d’honneur, n’a pas comme conséquence obligatoire une réconciliation. […] On ne se jette pas dans le bras de celui qu’on voulait, cinq minutes avant, mettre à terre. »

Alors que le duel a été interdit par Richelieu en juin 1626, l’usage de laver la honte de l’honneur bafoué par le combat perdure encore dans la France d’après guerre. Avec son Code de l’honneur et du duel, Devambez fait de l’éthique du duel avant tout une question d’élégance de l’esprit.

Georges Breittmayer, Code de l’honneur et du duel, Devambez, Paris, 1914